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Objectifs protéger la mer a pour mission d’explorer les océans de notre planète web, de vous sensibiliser, à la nécessité de protéger les mers et les océans, en mettant en évidence le lien vital qui unit l’Homme à la Nature. En vous faisant comprendre le rôle déterminant du système aquatique de notre planéte dans la préservation de toutes les formes de vie sur Terre.

 

"Protéger les océans, c’est se protéger soi-même" "Jean-Michel COUSTEAU"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 28 Février 2006
Dans le foisonnement de vie du monde sous-marin, le plongeur voue une méfiance
respectueuse à certains animaux qui restent le plus souvent inoffensifs, alors qu’il
côtoie parfois sans précaution les êtres les plus redoutables ! Pour Subaquapixel,
Patrick Louisy  fait le point sur les dangers, réels ou supposés, que peuvent constituer
les animaux marins.



Dents de la mer : le risque est l’exception

Murènes, congres, barracudas, requins… Aussi bien équipés qu’ils soient pour nous faire
des choses désagréables, ces monstres inquiétants ne constituent pourtant que rarement
un réel danger. Ainsi, les murènes ou les congres ne mordent que lorsqu’ils se sentent
agressés, dérangés dans leur repaire, poussés dans leurs retranchements. Ou bien dans
un débordement de frénésie lorsqu’on leur offre un excitant repas (mais alors, à qui la faute ?).

Les barracudas, quant à eux, doivent leur mauvaise réputation à un délit de sale gueule
plutôt qu’à la réalité des faits. Ils semble que quelques accidents aient eu lieu en eau trouble,
lorsque le poisson confond une partie claire du plongeur avec une proie, mais l’agresseur
disparaît dès qu’il s’aperçoit de sa méprise.

Les requins enfin, dont certains sont des mangeurs d’homme patentés, ne sont pourtant
guère dangereux dans les zones habituellement fréquentées par les plongeurs. Ils sont
virtuellement absents de nos côtes, et même les espèces récifales n’imaginent pas,
pour la plupart, qu’un plongeur puisse avoir le moindre intérêt alimentaire : discrétion,
et même timidité, sont pour eux la règle. S’ils se montrent parfois agressifs, c’est qu’ils
se sentent menacés dans leur domaine, leur territoire ; il suffit alors de se montrer raisonnable,
de savoir se retirer calmement… Exception faite des accidents liés à la pêche sous-marine,
les rares problèmes rencontrés avec des requins en plongée sont surtout dus au comportement
 inconscient ou « extrême » (ce qui revient au même) des plongeurs.

       


La murène (Gymnothorax favagineus, Mozambique) et le congre (Conger conger,
Cap d’Agde) ne se montrent naturellement agressifs que s’ils se sentent acculés,
où parfois lorsqu’ils sont surpris par votre approche rapide.





Le grand barracuda (Sphyraena barracuda, Curaçao) est certes impressionnant,
mais n’a guère de raisons de s’attaquer à un plongeur. Le requin-taureau
(Carcharias taurus, Afrique de l’Ouest) a sans doute le sourire le mieux garni
de tous les requins… Mais ces dents pointues ne sont bonnes qu’à saisir des poissons.



Dangers cachés : les poissons venimeux

Rascasses de nos côtes ou poissons-scorpions des tropiques, les membres de la famille
des Scorpaenidés sont des champions du camouflage, mais aussi des êtres hérissés
d’aiguillons redoutablement venimeux. Beaucoup plus visibles avec leur livrée zébrée
qui attire dangereusement le néophyte, les rascasses volantes possèdent également des
épines dorsales si venimeuses que l’intensité de la douleur peut parfois provoquer une
syncope ! Mais le plus dangereux de tous est sans conteste le poisson-pierre, à la fois
parce qu’il est presque impossible de le détecter sur le fond et parce que son venin
compte parmi les plus violents que l’on connaisse : c’est l’un des rares animaux marins
potentiellement mortels pour l’homme.

Sur fond sableux, il arrive que l’on rencontre la vive, elle aussi dotée d’une nageoire
 dorsale venimeuse, ou bien une raie pastenague à la queue en fouet armée d’un aiguillon
barbelé. Ces poissons ne sont guère dangereux en plongée, mais attention si vous marchez
pieds nus sur le sable ! Car ils se rendent souvent invisibles en s’enfouissant dans le sédiment.



Le poisson-scorpion ou rascasse tachetée des Caraïbes (Scorpaena plumieri,
Guadeloupe) préfère passer inaperçu, et c’est bien là le danger pour un plongeur
qui pose les mains n’importe où ! La rascasse volante (Pterois miles, Mer Rouge)
annonce en revanche fièrement la couleur : « attention à mes aiguillons venimeux ! »




Le poisson-pierre (Synanceia verrucosa, Mer Rouge) est certainement le mieux
camouflé et le plus terrible des poissons venimeux.




C’est avec les épines de sa première nageoire dorsale, marquée de noir,
que la vive vous pique (Trachinus draco, Cerbère). Les raies pastenagues
(ici Pastinachus sephen en Mer Rouge) possèdent un ou plusieurs aiguillons
venimeux sur la queue.



Urticants ou piquants invertébrés

Il y a ceux dont on se méfie naturellement, tels les oursins qui incitent logiquement
à une prudence proportionnelle à la longueur de leurs piquants. Il existe cependant
quelques exceptions tropicales à cette règle, comme le superbe (mais redoutable)
oursin Asthenosoma aux teintes flamboyantes, bardé de courtes pointe surmontées
d’une ampoule de venin, qui heureusement a le bon goût de ne sortir que la nuit.
Ou encore l’étoile de mer Acanthaster dévoreuse de coraux, tapissée de dards atrocement
venimeux qui lui valent son surnom de couronne d’épines.

Et puis il y a les inattendus. Le ver de feu, que l’on rencontre dans les mers tropicales,
mais aussi dans le sud de la Méditerranée est l’un des rares vers annelés à se montrer à
découvert car il est parfaitement protégé par les touffes de fines soies blanches, aiguës,
barbelées et cassantes qu’il dresse autour de lui. Les cônes, ces coquillages appréciés
des collectionneurs, sont tous venimeux, y compris les rares espèces de Méditerranée.
Ils chassent en effet à l’aide d’un dard empoisonné, qui peut être mortel pour l’homme
chez certaines espèces tropicales.

Vous connaissez bien sûr les méduses, dont certaines sont armées de filaments pêcheurs
extrêmement urticants pouvant atteindre plusieurs mètres. Mais méfiez-vous également
de leurs cousines les anémones de mer : elles aussi utilisent le venin de leurs tentacules
pour capturer leurs proies et, à l’occasion, se défendre. Il arrive souvent que le venin
ne soit pas assez virulent pour traverser la peau humaine, du moins là où elle est épaisse,
mais attention de ne pas vous frotter des zones sensibles telles que les lèvres ou les yeux
après avoir touché une anémone !



Chacun des courts piquants de l’oursin-cuir venimeux (Asthenosoma sp.,
Mer Rouge) porte une vésicule emplie d’un redoutable venin. Les fortes épines
de l’étoile couronne d’épines (Acanthaster planci, Mer Rouge) occasionnent
également des piqûres extrêmement douloureuses et invalidantes.




Attention aux touffes de soies blanches du ver de feu (Hermodice carunculata,
Îles Vierges) ! La piqûre du cône textile (Conus textile, Mer Rouge) peut être
mortelle pour l’homme.




L’élégante méduse pélagie (Pelagia noctiluca, Méditerranée) traîne derrière
elle des filaments urticants (ici rétractés) qui atteignent plusieurs mètres et
occasionnent de cuisantes brûlures. Sa cousine l’anémone verte (Anemonia viridis,
Méditerranée) n’est pas aussi immédiatement urticante, mais provoque des
réactions notables dans les zones de peau sensible (intérieur des bras, lèvres,…).



Règle d’or : regarder sans toucher

Que ce soit sur nos côtes ou dans les mers tropicales, il est bien rare qu’un animal
se jette sauvagement sur vous pour vous agresser ! Si l’on y réfléchit bien,
c’est en général l’inattention (ou la méconnaissance) du plongeur qui est à l’origine
des incidents.

La plupart des organismes potentiellement dangereux vivant sur la roche, le sable
ou le récif, la solution pour éviter tout risque de contact est évidente : il suffit de
se stabiliser à 3 mètres du fond pour admirer le paysage, ce que font fort bien
par exemple nombre de plongeurs américains. Pour les européens, au tempérament –
dirons-nous – plus « curieux », voire inquisiteur, il reste cependant indispensable
de contrôler parfaitement flottabilité et déplacements afin de limiter les contacts
intempestifs avec le fond et les organismes qui y vivent : on risque moins de se
faire mal, et surtout de massacrer la vie marine !



Voilà un plongeur qui reste à distance respectueuse des dangers potentiels
du récif, et qui ne risque pas trop d’abîmer les organismes fixés !



Que faire en cas d’incident ?

Vous l’avez compris, votre comportement de plongeur respectueux et attentif
est la meilleure garantie contre les animaux marins dangereux. Voici cependant
quelques conseils (dont on peut espérer qu’ils ne vous serviront pas) en cas d’incident.

Piqûre

Très souvent, les venins son thermolabiles : ils se dégradent à la chaleur. En trempant
rapidement le membre atteint dans de l’eau très chaude (45 °C), en approchant une
cigarette incandescente de la piqûre, ou en utilisant un sèche-cheveux à la limite
du tolérable, vous avez une chance d’inactiver en partie le venin avant qu’il ne se répande.

Une autre solution est l’Aspivenin ® (en vente en pharmacie), une sorte de seringue
à vide qui permet d’aspirer une partie du venin. Voilà un petit appareil que l’on devrait
toujours avoir dans son sac de plage ou de plongée !

« Brûlure »

Lorsque vous êtes « brûlé » par une méduse ou une anémone, le venin peut entraîner
une réaction directe (inflammation, effet toxique local), mais aussi une réaction allergique
d’ampleur variable.

  • La première chose à faire est de laver abondamment la peau pour enlever autant
    de venin que possible (ainsi que les filaments urticants qui pourraient rester collés),
    puis d’essayer d’inactiver le venin restant à l’aide d’un pansement imbibé d’alcool.
  • Pour lutter contre la réaction allergique, une crème corticoïde peut être nécessaire
    pendant deux à trois jours.
  • En cas de réaction générale (état de choc, urticaire généralisé…), il est impératif
    de consulter un médecin en urgence absolue.

Morsure

Dents acérées qui déchiquètent les chairs, salive plus ou moins venimeuse, la morsure
d’une murène est rarement anodine. Il est nécessaire de la désinfecter très soigneusement
(précisez au pharmacien que le produit doit être utilisé sur une plaie). N’attendez pas
un risque d’infection pour consulter un médecin, qui décidera de la conduite antibiotique
à tenir.

En cas de morsure entraînant un saignement important (requin ?), la priorité est bien entendu
de contenir l’hémorragie (pansement compressif, point de compression). Inutile de préciser
que des secours médicaux sont alors requis d’urgence…

Texte et photos Patrick LOUISY
  
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