"Que pouvons nous faire ? Comment faire mieux ?" pour garantir la protection des océans et améliorer la vie des populations côtières. C'est par cette double question que Biliana Cicin-Sain, la co-directrice de la troisième Conférence mondiale sur les océans, les côtes et les îles, a ouvert mardi à Paris la troisième édition de la réunion. Quelque 400 experts sont rassemblés jusqu'à samedi au siège de l'Unesco — membres de gouvernements, d'ONG et scientifiques — représentant 78 pays. Parmi eux, 21 petits états insulaires en développement (PIED), dont le sort est étroitement lié au devenir des océans, a-t-elle précisé.

Les océans et l'eau salée couvrent les 2/3 de la surface de la terre et constituent pour un milliard d'humains la première source de protéines. "Leur rôle dans la réduction de la pauvreté doit être amplifié au cours de la prochaine décennie", a estimé Biliana Cicin-Sain. Pour la ministre de l'Ecologie Nelly Olin, qui s'exprimait en ouverture des travaux, "il faut définir ce que nous voulons faire des 7/10e de la Terre recouverts d'eau salée". La ministre a rappelé que "la dégradation des côtes et des océans est liée à la pression démographique, à la pollution, à la surexploitation des ressources halieutiques...". Cette conférence, selon elle, illustre une prise de conscience de la communauté internationale.
Ateliers et recommandations
Les participants vont plancher toute la semaine sur les différentes problématiques liées au milieu marin, environnementales et économiques, avec pour tâche d'évaluer la mise en oeuvre des objectifs définis par le Sommet mondial du développement durable, en 2002 à Johannesburg. La pêche, la protection de la biodiversité, le sort des PIED, la gestion intégrée des écosystèmes marins sont quelques uns des ateliers prévus. La conférence transmettra alors ses recommandations au 4e Forum mondial de l'eau, prévu en mars à Mexico et qui pour la première fois s'intéressera à l'eau salée. Des recommandations seront également adressées à la réunion des Etats parties à la Convention de l'Onu sur la Biodiversité, au Brésil.
Reste que les océans sont le parent pauvre du droit international. La seule convention qui leur soit dédiée, la Convention sur le droit de la mer (1982), ne couvre que les eaux territoriales à 200 milles nautiques des côtes (370 km environ). Au-delà, l'océan est un royaume sans loi.








