- Absurdité énergétique : si l’on veut des protéines aquacoles, il faut faire l'élevage d'animaux herbivores : coquillages ou poissons herbivores, comme les carpes, les mulets et les tilapia. Mais il est absurde d'élever des poissons carnivores qui doivent être nourris avec des poissons sauvages. Pour faire grossir un thon rouge de 1 kg , il faut lui donner entre 15 kg et 20 kg de poissons sauvages !
- Détournement des protéines de la mer au profit d’une minorité de consommateurs riches. Le nourrissage des poissons carnivores avec du poisson fourrage sauvage constitue un détournement des protéines de la mer au profit des consommateurs les plus riches aux dépens des écosystèmes, des pêcheurs artisans et des consommateurs plus pauvres qui pouvaient s’offrir des sardines mais ne peuvent pas acheter du thon rouge d'élevage.
- Mise en danger du stock de thons rouges sauvages. En Méditerranée, l’élevage de thon rouge est souvent utilisé pour « blanchir », les thons pêchés hors quota et en dessous de la taille légale. En effet, les thons pêchés qui ne sont pas tués et vendus directement, (mais sont maintenus vivants dans des cages flottantes), ne sont pas comptabilisés dans les quotas de pêche, comme s’ils n’étaient pas capturés. On estime ainsi que près de 25.000 tonnes de poissons disparaissent chaque année, (autant que le quota proposé par les scientifiques pour préserver la population de thon rouge). Ces captures s’ajoutent donc au 30 .000 tonnes de thons débarqués chaque année.
- Pollutions locales et mise en danger de la réserve marine . Les fermes d’aquaculture affectent localement, mais profondément les écosystèmes dans lesquel elles sont implantées par un rejet massif de produits azotés (déchets organiques des thons et nourriture non consommée) qui provoquent une eutrophisation (développement excessif des algues) et par les antibiotiques et produits antibactériens qui sont sensés préserver les thons d’élevage des maladies.
- Enfin l'étude d'impact réalisée ne parait pas adéquate, car elle étudie les rejets et polutio d'une ferme qui élève une biomasse en cage de 200 tonnes de thons,.. Hors l'objectif déclaré est de produire 800 tonnes, et surtout les cages peuvent réellement accueillir 2.400 tonnes... Des études simples montrent que dans le cas d'une production de 800 tonnes la pollution est équivallente à celle d'une ville de 15.000 personnes... Que se passera-t-il si, les années passant, on oublie l'objectif de départ et que l'on ait une biomasse de 2.400 tonnes dans les cages ?
Il est par conséquent absurde d’envisager d’installer une telle ferme non loin de la réserve marine de Cerbère –Banyuls, l’un des fleurons naturels de la côte méditerranéenne.
Nous vous tiendrons au courant du développement de ce projet. en attandant, pour plus d'information, voir notre dossier aquaculture.
François Sarano









