Dans un premier article, Bette Otto-Bliesner (National Center for Atmospheric Research) et ses collègues ont reproduit, avec un modèle, les conditions climatiques de la dernière période interglaciaire (entre - 130 000 et - 116 000 ans), pendant laquelle la température de l'Arctique avait augmenté de 3 oC.
Cette hausse avait des causes astronomiques : la Terre était plus inclinée sur son axe qu'aujourd'hui et le rayonnement solaire frappait davantage les hautes latitudes. Cela a eu pour effet de faire fondre les glaces du Groenland et d'une partie de l'Antarctique et d'élever le niveau des océans de 2,2 à 3,4 mètres en trois mille ans.
S'inspirant de ces données, et utilisant le même modèle, Jonathan Overpeck (université de l'Arizona à Tucson) fait une projection pour les 130 prochaines années.
Dans un second article, il en déduit qu'à la fin du siècle, la fonte des glaces du Groenland et de l'Antarctique ouest pourrait être beaucoup plus importante et plus rapide qu'on ne le pense habituellement.
L'étude sur la période interglaciaire est jugée intéressante par Valérie Masson-Delmotte (laboratoire des sciences du climat et de l'environnement à Gif-sur-Yvette), quoique trop peu confortée, selon elle, par des données de terrain. L'extrapolation au futur lui paraît en revanche peu argumentée, ressemblant davantage à "un bulletin d'opinion".
Car, explique la chercheuse, "la montée des eaux il y a 120 000 ans s'est effectuée pendant trois millénaires. Et il reste encore beaucoup d'incertitudes concernant le comportement des glaciers arctiques et antarctiques côtiers face au réchauffement, qui reste difficile à modéliser".









